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Fabrice Gagos aka Svart, humain contre son gré, français par défaut, gaucher contrariant, queer, végétarien et tatoué par choix...Malgré tout, je ne mange pas les bébés, et je n'ai presque jamais eu de relations sexuelles avec des animaux. Par contre je bois de la bière.
Gagne sa vie en faisant de l'art parce que tout le reste l'ennuie.

 

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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 18:34
Le métier de coloriste dans la bande dessinée fait souvent débat.
Je profite de cette info : les coloristes se reunissent (à la base j’avais eu connaissance de ce fait par le site de bodoï mais je ne retrouve plus le lien, google est mon ami)
Pour en parler un peu… non pas que mon avis ait grand intérêt, juste pour synthétiser un peu tout ca.
Et accessoirement je me sens légèrement concerné par la question.
Bref.

Le principal point qui fait débat, c’est de savoir si le coloriste doit être consideré comme auteur ou non.


meme si parfois la question ne se pose pas.

Actuellement il y a 2 principaux cas de figure :
-Le coloriste à un contrat à part, sous forme d’une commande de prestation. Dans ce cas il n’est pas considéré comme auteur et ne touche donc pas de pourcentage sur les ventes. Il n’a pas non plus son mot à dire sur les décisions concernant le projet (et ses éventuels derivés)
-Le coloriste est inclus sur le contrat global, avec le scénariste et le dessinateur. Dans ce cas il touche un pourcentage (generalement 1 ou 2 %, dans certains cas particuliers il peut toucher plus) et doit (en theorie, en pratique ca reste à prouver) être consulté pour les décisions qui concernent le projet au meme titre que les autres protaganistes. Il est considéré comme auteur. A ma connaissance ce type de contrat est déjà automatique chez certains « gros » éditeur.

Concernant la facon dont les droits sont attribué au coloriste dans ce cas de figure, on entend pas mal de conneries : principallement que l’éditeur, ce vil mécréant, voulant garder ses sous, rogne les droits sur ceux des autres co-auteurs, en effet lorsque celui ci touche des droits, les scenaristes et dessinateurs en touchent un peu moins.
Certains considerent que cela n’aide pas les autres auteurs a bien vouloir reconnaître le coloriste comme co-auteur avec eux, c’est possible…mais dans ce cas…bref
Mais à ce niveau la il n’y a en realite pas debat : ce qu’il faut s’avoir c’est que l’editeur cede un pourcentage (de l’ordre de 10-12% en general) a l’Auteur, avec un grand A.
S’il y en a qu’un, alors il touchera la totalité, s’ils sont plusieurs alors ils se les repartissent.
Tout simplement.

Mais tout ceci n’est qu’une histoire de contrat, et chacun peut gerer ceci au cas par cas, ca s’appelle la negociation ca fait partie du boulot et j’estime que ce n’est pas le fond du probleme.

Le problème, à mon avis, du metier de coloriste est que malgré toutes les bonnes volonté de chacun, et les beaux discours, le coloriste a du mal à obtenir une reconnaissance autre que « faire des jolies couleurs ».

D’ou cela vient-il ? d’un passé du metier (les coloristes etait avant de simple assistants du dessinateur, le metier a tres largement evolué), et de prejugés (le coloriste ne fait « que » mettre des couleurs, travaille a la chaine, il existe encore d’ailleurs beaucoup de studio de colorisation qui font ca en « prod »), mais aussi d’un certaines part de verité (le coloriste est tres souvent pas ou peu impliqué dans la conception du dossier avant la signature du contrat et donc n’intervient ni dans les negociaitons, ni dans le processus de création).
Mais ce qui revient dans les argumentaires des gars bouchés est :
« La couleur n’est pas indispensable à une bande dessinée comme le sont le scénario et le dessin... »
Oui, c’est tout a fait vrai… et le dessin ne l’est pas non plus pour raconter une histoire. Et meme…raconter une histoire en l’écrivant n’est pas non plus indispensable.
D’ailleurs, tout est dispensable dans la bande dessinée non ? cela reste un divertissement pour le lecteur, rien de vital.

Mais le dessin vient apporter quelque chose aux mots, la couleurs vient apporter quelque chose à l’ensemble, afin de former un tout : la bande dessinée.

Alors certes il existe des bandes dessinées sans couleurs, il existe meme des BD sans textes, voire sans dessin (certaines ne sont que de la peinture…donc de la couleur)
Le probleme n’est pas de savoir si la couleur est indispensable ou non a la BD, mais si elle contribue a l’immersion du lecteur ou si elle ne sert qu’à enjoliver.

Bien souvent, bien TROP souvent meme, les coloristes ne sont pas impliqués au début de la création d’un projet, il arrivent en cours de route.  Mais même dans ce cas de figure il est encore possible au coloriste s’il le choisi et si on lui laisse la marge de manœuvre necessaire (et le temps) pour sublimer un projet, lui apporter ce qui en fera un incontournable…ou un oubliable ^^.
S’il agit dans ce sens, et s’implique a ce niveau la, alors le coloriste merite le statut d’auteur.
S’il ne fait que coloriser les planches à la chaine comme beaucoup le font sans apporter autre chose que des informations (jour, nuit, couleurs de cheveux etc) alors oui…il ne sert pas à grand chose. Il n’est qu’un technicien.

Avant meme que l’éditeur ou les autres auteurs ne considèrent le coloriste comme un auteur, tout depend donc de la facon d’aborder le travail de la part ce dernier.

moi j'ai trouvé mon style


Finallement le probleme est le meme pour chaque poste :
Certains scenaristes ne font que reproduire sans cesse les meme recits, très calibré, parfois meme de commande…sont  ce des auteurs a ce moment la ?
Certains dessinateurs nous servent un dessin asseptisé, sans personnalité (volontairement j’entends hein) sont-ce des auteurs ?

Pour moi la question n’est pas « doit on considerer le coloriste comme auteur »…mais plutot « pourquoi alors qu’on ne se pose jamais la question pour le scenariste ou le dessinateur, se demande t’on si le coloriste est un auteur »

Et c’est là que ca devient compliqué hein ?

Mais on s’eloigne un peu.

Le fond du probleme finallement est une recherche de reconnaissance du métier (financierement, mais surtout, moralement).
En effet… il est parfois très galère même avec la meilleure volonté du monde de se sentir acteur d’un projet lorsqu’on est coloriste. Parfois meme on nous accorde moins de temps pour coloriser (qui est quand meme toujours partie integrante du projet, qui lorsque le coloriste se comporte comme un auteur, est un metier artistique et donc lié a d’es facteurs tout a fait different d’un metier technique) que pour imprimer (qui sauf preuve du contraire est seulement technique)
On a tendance à accuser l’éditeur, comme si les auteurs de bandes dessinées eux, étant tout gentils et (remarquez beaucoup le disent) reconnaissaient le travail de coloriste comme il se doit.
Mais c’est faux également : il y a des scénaristes qui se contre fouttent du boulot du coloriste même sur leur propres projet, il y a des dessinateurs qui estiment que le coloristes est leur assistant (alors que bien souvent s’il y a coloriste c’est que le dessinateur…ne sait pas coloriser.)


le coloriste est souvent choisi pour la qualité de son travail...ou pas.

Et il ne faut pas oublier non plus la responsabilité du coloriste dans tout ca, combien s’implique réellement sur les projets ? meme parmi ceux qui militent pour une reconnaissance en tant qu’auteur…
Combien ne sont que des remplisseurs ? des techniciens tout au plus ? combien aimeraient toucher un pourcentage sur un projet qui leur prend un mois de boulot tout au plus et dont il ne suivent meme pas la vie apres la fabrication?
Le problème est bien plus large qu’un simple histoire de contrats ou de politique éditioriale.


Bref…les torts sont largement partagés, c’est pour cela que je reste adepte du « cas par cas » comme je le disais plus haut, la négociation fait parti du metier d’auteur bd. Et c’est à chacun de defendre son travail.

La création d’un syndicat me semble donc exagérée*… (de toute manière je suis constamment contre le principe du syndicat, une belle utopie qui profite bien trop souvent a beaucoup d’opportunistes, mais c’est un autre debat hein ?) par contre, que les coloristes se réunissent pour échanger les informations, et discuter c’est une très bonne chose.
Car c’est la que le bat blesse le plus souvent, la circulation de l’information sur des metiers qui restent somme toute marginaux et peu connus.

Il faut surtout eviter les généralité et la systemisation des chose surtout dans un metier qui doit garder ses liberté, il faut aussi eviter de rentrer dans des considerations bassement militante, ou meme tres « syndicaliste » anti-editeur. A ce niveau la oui il y a des éditeurs (ou plutot des directeurs d’edition car au sein meme d’une boite il y a encore plusieurs cas de figure) qui abusent, mais d’autres font bien leur boulot…et les auteurs de bandes dessinées ne sont pas tous des agneaux immaculés… il faut donc eviter tout manichéisme dans notre metier et surtout ne pas oublier…pourquoi on le fait.

En conclusion, c'est a l'ensemble de la chaine de création de la bd qui doit decider du statut du coloriste, dans un saine discussion...dans un monde remplit d'élephants roses et de bisounours biensur.(ca reste possible, la plupart des projets auxquels j'ai participé ca se passe comme ca).
Sinon ben c'est a chacun de faire ses preuves et s'imposer...comme partout finallement.


 
PS: ouais j'ai recyclé de vieux dessins pourris...j'ai meme pas honte.

* De plus nous faisons un travail qui malgré une grande précarité pour beaucoup (moi le premier hein) a beaucoup d’avantages que n’ont pas les salariés d’entreprise. Alors pourquoi militer pour des droits equivalent ? si ce n’est que cela donnera a l’editeur le droit de se considérer comme notre patron et donc d’exiger des choses qui risque de faire tout bizarre a certains auteurs militants ^^


musique du jour:
a prior ca veut pas marcher aujourd'hui alors...ben la prochaine fois.

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Published by Farbice Gagos aka Svart - dans humeurs
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commentaires

cé-go 07/08/2009 10:49

Félicitation pour cette analyse poussée.On est tous avec toi et comme tu le souligne, tout n'est pas blanc et noir (comme souvent). En tout cas j'espère que tu t'en sors bien de ton coté.Je vois que tu as de plus en plus de taff et que tu élargis ton activité en terme d'éditeur (EP, glénat, boite à bulles ...)C'est génial !!

Orel 03/08/2009 07:58

Bouh, Vilain bolchévique anarcho anticapitaliste !!! Tu viens nous crotter dessus alors que nous autre on était bien tranquilles. Si c'est ça je vais demander à mon petit cousin de faire mes couleur et je le payerais en carambar. Les lecteurs ne s'en rendrons évidemment pas compte, tu penses. :DBon bref, bel article. Tu sais quel est mon point de vue sur la question... ;) 

X-aël 03/08/2009 00:37

Et ben tu sais que je vote pour... enfin, pour ton idée hein! Et contre les généralisations militando-syndicalistes démago et gratuites.Bon article. En fait, t'es intelligent quand tu veux!!! :-p

Ale 02/08/2009 19:35

Je n'ai pas creusé autant la réflexion que toi mais je suis d'accord.

Isabelle Bauthian 02/08/2009 19:27

Joli résumé :)