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  Qui je suis?

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Fabrice Gagos aka Svart, humain contre son gré, français par défaut, gaucher contrariant, queer, végétarien et tatoué par choix...Malgré tout, je ne mange pas les bébés, et je n'ai presque jamais eu de relations sexuelles avec des animaux. Par contre je bois de la bière.
Gagne sa vie en faisant de l'art parce que tout le reste l'ennuie.

 

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 11:49

hecate.jpgDans une note précédente (Celle-ci précisément : Haters gonna love ) j'avais abordé de loin le principe de "Creator Owned" (ce qui veut dire approximativement, pour les anglophobes, "Appartenant à l'auteur") dont je suis un fan convaincu. En me renseignant un peu je me suis aperçu que ce n’était pas nouveau du tout, ce modèle existe depuis au moins 20 ans au US.

Alors qu'est-ce que c'est quoi ce truc ?

Beh en fait ça porte bien son nom : en gros c'est un principe de publication dans lequel, contrairement à la plupart des contrats d'édition, l'éditeur ne possède pas les droits d'exploitation de l'oeuvre, mais seulement de l'objet qu'il édite. En l'occurrence le livre.


Ca semble être une évidence non ? Et pourtant, il faut savoir, que les contrats d'éditions classiques impliquent la plupart du temps une cession de droit presque totale de la part de l'auteur. Concrètement cela se traduit par le fait que l'éditeur devient le principal décideur pour tout ce qui touche à l'oeuvre sous contrat. Cela comprend les produits dérivés, les traductions, les adaptations numériques, cinématographiques et autres, les suites, les spin off même le titre... Pour faire simple, quoi que veuille faire l'auteur avec ou autour de son œuvre il faut qu’il demande à papa.


Sur un projet de commande, à l’initiative d’un éditeur, je ne trouve pas ça gênant, en gros c’est un « publisher owned » et c’est bien comme ça, les auteurs prennent leurs avances sur droit (qui se doivent d’être important à ce moment là), et leur droits sur les ventes, l’éditeur a son produit calibré pour la vente et tout le monde est content. Artistiquement cela peut même devenir intéressant, une espèce de cour de jeu où des auteurs sont invités à raconter des histoires, un peu comme le DCverse ou l’univers Marvel (merde, encore des ricains, moi qui croyait que leur modèle d’édition était à la ramasse par rapport au notre, ce flamboyant modèle franco belge).


Mais le problème c’est qu’en France (et sûrement ailleurs) on ne différencie pas les projets de commandes, des projets personnels.  Ha si, un projet personnel est juste moins bien payé et en plus on vous fait croire que c’est une faveur qu’on vous fait et bien souvent sur un projet de commande vous ne touché que très peu de droits sur les ventes (alors même qu’elles sont sensées être importantes, sinon l’éditeur ne se lancerait pas dans ce genre de projet)


Je rappelle s’il est nécessaire, que l’éditeur n’est ni votre patron ni un mécène, le contrat d’édition est un partenariat, ou chacun est sensé trouver son compte dans la création d’un LIVRE, rien d’autre.


Un exemple concret. Si vous suivez un peu l’actualité du monde de la BD vous savez qu’un des gros débats actuels est celui du numérique… Je ne comprends pas pourquoi ce débat existe. Enfin si, simplement parce qu’on cherche un moyen d’inclure la version numérique de manière commune dans le contrat d’édition, alors que cela n’a rien à y foutre.


Ce qu’on oublie, c’est que le livre numérique n’a pas à être négocié lors du contrat de la publication car ce n’est pas le même objet. C’est possible de le faire en même temps, mais cela doit simplement faire l’objet d’un autre contrat, et d’une autre négociation pas d’une clause dans le contrat d’édition. Clause qui à mon avis est d’ailleurs abusive (ce serait intéressant de faire analyser un contrat d’édition par un spécialiste).


Biensur cette réflexion à tout les restes des « produits » autre que le livre objet du contrat : cela n’a rien à foutre sur un contrat d’édition.

Attention! Je ne dis pas que les négociations avec les éditeurs ne peuvent pas exister, mais seulement que cela ne doit pas être imposé comme cela l’est aujourd’hui.

Cela aurait un autre avantage non négligeable : ça simplifierai grandement le contrat d’édition!!


Bref il ne faut pas tout mélanger et il serait temps d’ouvrir de nouvelles possibilités et de proposer de réel changement, pas de simples modifications sur un modèle déjà bancale. N’importe quel maçon vous dira que c’est un boulot de merde.

Je n’ai bien sûr pas la prétention d’avoir la solution parfaite, je ne dis même pas que cela n’existe pas déjà chez certains éditeurs français, je ne les connais pas tous. D’ailleurs s’ils lisent ses lignes qu’ils n’hésitent pas à me contacter, cela m’intéresse d’approfondir le sujet avec eux. Pour le moment, je propose simplement ma vision des choses sur mon site, encore une fois je suis ouvert au débat, mieux, je suis demandeur.


Pour tester le système, j’ai proposé à Sombrebizarre que Ghouls of Nineveh soit « Creator Owned ». Le projet, son univers et ses personnages m’appartiennent donc totalement. Il n’y a aucune cession de droit sur l’univers, Sombrebizarre ne touche de droit que sur l’ « objet-livre » qu’il produit. Si demain Dark horse veut adapte294915_10150719944825989_715680988_9537262_539057390_n.jpgr GoN pour le marché Américains c’est avec moi qu’il devra négocier et Sombrebizarre n’aura pas à intervenir sauf si j’estime que cela apporte un réel plus au projet.

Autre particularités les droits d’auteurs dépendent du type de vente. Et donc du travail fournit par chacun.

Ce n’est sûrement pas parfait, et c’est un premier jet. Mais c’est un début et l'avenir me dira ce que ça vaut.


Bien sur cela demande de s’impliquer un peu plus dans la vie du livre, et ça… quand je vois certains « combats » je ne suis pas sûr que tous soit prêts. Et ce n’est pas un problème après tout chacun son point de vue. Mais il faut arrêter de chercher à faire un type de contrat unique qui s’appliquera à tout et empêchera les initiatives, surtout quand il s’agit de gérer des produits autres que le livre. Le boulot des éditeurs reste de faire des livres et de els défendre, et ce serait déjà pas mal d’en rester là. Il faut laisser le choix du modèle à l’auteur, c’est à lui de choisir si et comment il veut défendre son projet.

 

Ce n’est pas gagné !

 

A suivre.

 

Quoiqu’il en soit n’oubliez pas : partagez ce que vous aimez !

 

PS: l'image de la tortue est copyright Steve Niles et sa tortue.

 


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Published by Svart - dans Blablabla
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